La misère des rues, nous la croisons tous les jours. Nous passons devant. Parfois un tout petit arrêt le temps d’une pièce qui passe d’une poche chaude à une escarcelle froide. On ne s’y arrête pas, on ne peut pas s’y arrêter, on est pressé, je suis pressé, et puis il y en a beaucoup… je passe tu passes nous passons, j’évite, je slalome, je ne regarde pas, parfois je dis “je suis désolé je n’ai rien” et parfois c’est vrai. Ce que j’ai vu fut incompréhensible. Je voulais partager ça avec vous, que le lecteur le temps de ce récit soit, comme moi, chamboulé (…). Vous les entendrez parler, tous, les filles et les garçons du Samusocial en vestes bleues, et les filles et les garçons des rues sous leurs couches de vêtements, les échoués sur nos trottoirs que l’on évite, je vous propose de vous y arrêter, de veiller avec moi, d’avoir envie de crier avec moi. »
Philippe Torreton
5 € par entrée seront reversés au SAMU Social.
Philippe Torreton, Veiller, Calmann-Lévy, 2026