« Un héritage piégé donne naissance à un grand roman qui se développe entre la vérité maquillée qu’on adore et la vérité sans éclat qui retient les ombres. Deux territoires, un même paysage : éblouissant, vraiment, messieurs les lecteurs. »
La Nueva España
Comment peut-on survivre lorsqu’on a été prénommé Hannibal par un père historien? Vaincu dès le départ, notre héros névrosé, lui aussi historien, n’a jamais été à la hauteur des rêves de son géniteur. Chassé de l’université, il a sombré dans l’alcoolisme et la lamentation paranoïaque. À la mort de son père, il hérite de trois boîtes au contenu hétéroclite : journaux intimes et souvenirs d’enfance où se cache le début d’un plan machiavélique qui va pousser Aníbal vers des personnages excentriques et d’anciennes amours. Découvrant la duplicité des tours que joue parfois la génétique, il se retrouve alors plus proche de son père qu’il ne l’a jamais été de son vivant. Sa colère cède la place à l’empathie tandis que tout nous donne à penser que ce que nous haïssons le plus est peut-être la vision de ce que nous n’arriverons pas à être. Un roman original où un sens du comique exceptionnel se déploie dans des plans et des rythmes variés, une littérature rare. Un plaisir de lecture absolument délectable.
Pablo Casacuberta (né à Montevideo en 1969) est peintre, photographe-vidéaste et écrivain. Sélectionné en 2007 par le Hay Festival pour le groupe Bogotá 39, réunissant les écrivains latino-américains de moins de 40 ans les plus prometteurs, il est l’auteur de cinq romans devenus cultes dans toute l’Amérique latine.
A lire : Pablo Casacuberta, Scipion, trad. de l’espagnol par François Gaudry, Métailié, 2015.