« Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléon. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche à comprendre ce que, par l’écriture, elle a sauvé de la vie et ce qui, de l’écriture, l’a sauvée elle aussi. Car je crois que Plath a été violemment, excessivement vivante, que de la vie elle a tout embrassé, mort incluse. Et aussi que l’écriture naît de ça : la sensation (effroi et éblouissement) d’un excès de la vie sur elle-même que la vie ne suffit pas à combler. »
Gwenaëlle Aubry
Remerciements à Pierre Huyghe.
Gwenaëlle Aubry, Partages, Mercure de France, 2012.