« Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face », dit-on ; Angélica Liddell va justement là où personne ne se risque. Cette vibrante adresse poétique a vocation à regarder la mort dans les yeux, mort que l’écrivaine espagnole veut voir non comme une tragédie mais une libération, afin de rendre la vie plus intense, plus absolue. Coeur battant du livre, un monologue poétique en vers libres, rythmé par la répétition anaphorique de « Je demande » ; cette suite de suppliques, outrées, parfois crues, souvent drôles, ou impossibles, vise à élargir le domaine étriqué du réel, et leur accumulation agit telle une fièvre exaltante. Intime et provocant, un texte en écho à l’actualité (proposition de loi sur la fin de vie) et un regard sur nos sociétés modernes paralysées par la peur de mourir.
Angélica Liddell, Je demande à en finir avec la vie, traduit de l’espagnol par Cécile Pilgram, Gallimard, 2026