« Ce que je souhaite vous mettre aux yeux, ce n’est pas une consolation, un antidote, une œuvre de la sublimation. C’est l’enfant saugrenu de la joie, qui n’obéit à rien, même pas la nécessité d’être, c’est peut-être le signe le plus incongru de la vie elle-même, qui se fout de nos arts et de nos élaborations, qui est comme le sang qui pulse dans notre corps, comme le battement incontrôlé du cœur, une œuvre de la circulation, de ce qui bouge, trace, n’obéit à rien qu’à son essence même, une moelle, je ne sais pas dire autrement que “ joie ”. Et même moins que çà »
Adventices s’ouvre sur le constat du chaos du monde, transmis par le flux ininterrompu des “nouvelles” : guerres, violences, catastrophes, injustices sociales et écologiques. Mais plutôt que d’y céder à la sidération ou au désespoir, l’autrice propose un geste d’écriture singulier : relier l’horreur politique aux petites joies ténues du quotidien.
Rencontre proposée par remue.net
Jane Sautière & Marie Sordat (photographies), Adventices, éd. Les Inaperçus, 2026